textes d'un internaute

Le fou

Le fou

Je suis l’idiot du village, il parait  que je suis bête parce que je rigole toujours pour un rien ou pour une fleur que je trouve sur le bord du chemin ; là où les gens qui ne sont pas idiots voient un nuage tout gris moi je regarde plus longtemps et y distingue des animaux, des paysages, des visages, sûrement des gens qui ne sont plus là et qui viennent nous faire un petit bonjour…

 Avant, ils n’avaient pas le temps ou avaient peur de passer pour des fous, pensez donc ! Dire bonjour, tous les jours même à des inconnus, leur sourire, ou bien écouter leur chagrin !  Moi, j’aime bien être fou, les gens sont moqueurs  avec moi mais gentils aussi, ils ont pitié, moi aussi j’ai de la peine pour eux, j’aimerais partager ma folie, leur en donner un peu pour voir leurs visages se transformer, d’une bouche crispée naitre un sourire ou un éclat de joie…

J’ai des secrets aussi mais les garde pour moi, pour les autres, je ne suis que l’idiot du village, alors, bien souvent, ils se confient à moi, qui irait croire un fou même joyeux qui raconte n’importe quoi !

Pourtant je connais aussi l’amour, les fous aussi sont parfois amoureux mais on n’y prête guère attention ; j’ai vu des gens, en amour, obligés de se cacher ,la Jeannette et son amie Marie, le gros Jules avec son ami Robert, les « pas fous » disent que l’amour entre personne de même sexe c’est pas normal, pourquoi ? Ils n’ont pas de cœur ? Ou pas le droit d’en avoir un quand on a le même zizi ou la même fleur d’amour ?

Je connais des humains qui ne se cachent pas, mais qui ne s’aiment pas non plus, ils font semblant, ils sont fous ou quoi ? D’autres qui ont des couleurs différentes !  Oui, oui, j’en ai vu, et en plus ils avaient l’air heureux, ils riaient aux éclats, une délicate main blanche dans une autre toute noire sur le dessus et rose dessous, même que quand ils se parlaient d’amour les couleurs se mélangeaient et moi je n’y voyais qu’une seule main.

Un jour,  les canons de fusil serviront de support aux roses et fleurs des champs que s’offriront les gens

Quand ils seront devenus fous…

Un jour, vous croiserez un idiot du village,  regarderez ses yeux, j’espère pour vous que comme dans un miroir vous y verrez votre reflet.

Quand vous serez devenu fou…

Un jour, vous croiserez le regard d’un enfant et vous y lirez les réponses à vos interrogations, alors ce jour là…

Nous deviendrons fous de sagesse ….

 


16/02/2011
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