textes d'un internaute

ST-Nicolas

S-T Nicolas                                                                                                                                                                                                                   Les visages sont anxieux, parfois même une larme coule sur les joues roses.
Mille questions vous assaillent quand on a juste quatre ans, le doute de ne pas avoir été sage ou tout au moins pas assez suivant les critères des grands
Les rêves des « Tout Petits » dans un monde de Grands, avec leurs règles, mais comment ne pas être sages à cet âge là ?
Alors que tu penses, petit homme, à la sucrerie qui fond dans la bouche, aux odeurs de pain d'épice qui te reviennent en mémoire, le bonbon acidulé qui éclate en mille feux d'artifices sous la langue, le goût du fruit confit à la cerise qui te rappelle les bonnes tartes de Grand-Mère quand pour te consoler celle-ci te prenait sur ses genoux, ta tête contre sa joue, tu avais alors pour mille ans de
tendresse rien qu'en respirant les senteurs d'une poudre de riz sur son visage, qui, croyait-elle, lui cachait quelques sillons de sagesse.



La cloche sonne, les plus petits se serrent contre leurs aînés, un frisson de crainte, un sentiment d'angoisse et de bonheur devant l'inconnu : il va apparaître dans ce grand couloir plongé théâtralement dans la pénombre par un éducateur bien intentionné, sûrement, qui contribue a
entretenir le mythe du bien et du mal, condition préalable pour devenir grand !



Le voilà enfin dans son grand habit rouge comme dans tes rêves, une grande barbe blanche toute frisée, un géant à contre- jour, immense, s'appuyant sur une crosse noueuse, un grand sac rempli de mille trésors







Mais voilà, un enfant ne peut- être vraiment sage que dans la joie et le bonheur, la peur existe alors pour le leur rappeler ou plutôt leur apprendre que dans la vie pour avoir un peu de joie et beaucoup de crainte, les grands on inventé aussi le laid pour sublimer le beau et ainsi faire des adultes des êtres craintifs qui n'auront qu'une envie, paître dans les grandes plaines tranquilles de Panurge.

Pierre Deydet




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